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Le débat linguistique

5 juillet 1968
Office de planification du Québec
Création de l'Office de planification du Québec (OPQ) qui remplace le Conseil d'orientation économique.
1er novembre 1968
Création de l’OFQJ
Création de l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ). Cet organisme bigouvernemental est le fruit de la volonté des gouvernements français et québécois de favoriser la coopération entre la jeunesse des deux communautés. Il soutient les séjours professionnels outre-Atlantique de jeunes de 18 à 35 ans.
Le Québec entend contrer en partie la baisse de la natalité en assumant ses prérogatives constitutionnelles en matière d’immigration.
14 novembre 1968
Protecteur du Citoyen
Création du poste de Protecteur du Citoyen, inspiré du modèle scandinave.
L’abolition du Conseil législatif, formé de membres non élus, consacre la primauté de la démocratie dans l’exercice du pouvoir politique.
5-10 février 1968
Conférence des ministres de l'Éducation à Libreville
Conférence annuelle des ministres de l’Éducation des pays francophones à Libreville (Gabon). Jean-Guy Cardinal dirige la délégation québécoise. À la suite de cette invitation du ministre québécois, le gouvernement fédéral rompt ses relations diplomatiques avec le Gabon.
Grâce au réseau de l’Université du Québec, l’enseignement universitaire est accessible dans toutes les régions.
22 février 1968
Arrivée de Radio-Québec
Création de Radio-Québec. La promulgation d’une loi adoptée en 1945 donne enfin naissance à Radio-Québec.
28 mai 1968
Première de l'Osstidcho
Première de L'Osstidcho, au Théâtre de Quat'Sous, avec Robert Charlebois, Louise Forestier, Yvon Deschamps et Mouffe. Anticonformiste, le spectacle cherche à démystifier la « vedette » et tente de renouveler la manière habituelle de présenter un spectacle.
28 juin 1968
Festival d'été de Québec
Première édition du Festival d'été de Québec. Le projet est né sous l’impulsion de sept jeunes artistes et d’un groupe d’hommes d’affaires de la capitale. Leur but : animer les places publiques de la ville et faire la promotion des arts populaires.
28 août 1968
Les belles-sœurs
Première de la pièce Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, dans une mise en scène d’André Brassard au Théâtre du Rideau Vert à Montréal.
9 décembre 1968
Commission d'enquête sur le français
Création d’une commission d’enquête sur la situation du français au Québec (commission Gendron) présidée par Jean-Denis Gendron.
5 juillet 1968
Naissance de l’Office de planification du Québec (OPDQ)
Naissance de l’Office de planification du Québec (OPDQ).
1er septembre 1968
La commission scolaire de Saint-Léonard impose des cours de français
La commission scolaire de Saint-Léonard impose des cours de français aux enfants immigrants allophones, ce qui provoque la colère de la communauté italienne. La « crise de Saint-Léonard » forcera le gouvernement à intervenir dans le dossier linguistique.
26 septembre 1968
Décès de Daniel Johnson
Décès du premier ministre Daniel Johnson au barrage Manic 5. Il était premier ministre depuis le 16 juin 1966. Jean-Jacques Bertrand sera choisi chef intérimaire et deviendra premier ministre.
Le Parti québécois devient le point de rassemblement des mouvements et associations nationalistes et se prépare à la lutte électorale.
14 novembre 1968
Mariage civil
Sanction de la Loi concernant le mariage civil. Elle permet aux couples qui refusent le mariage religieux de type traditionnel d'inscrire leur union dans les registres d'état civil. La mesure entre en vigueur le 1er avril 1969.

Comment se servir du fil du temps?

Le fil du temps présente les événements marquants de la Révolution tranquille en six catégories. Chaque année regroupe une série de bulles qui permettent d’ouvrir une fenêtre sur un fait, une anecdote ou encore un moment historique. Parfois, cette fenêtre donne accès à une page offrant davantage d'information. Bonne visite!

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Le débat linguistique
20 novembre 1969

Deux siècles après la Conquête de 1760, l’anglais demeure la langue des affaires, du travail et de l’intégration sociale. La langue française quant à elle n’est plus considérée comme la « gardienne de la foi » des Canadiens français. Elle est plutôt devenue le symbole de l’identité des Québécois, qui cherchent à s’affirmer dans tous les domaines et revendiquent pour leur langue un statut spécial – ce à quoi s’opposent anglophones et allophones.

À Saint-Léonard, la communauté d’origine italienne forme 40 % de la population et envoie majoritairement ses enfants à l’école anglaise, comme le font d’ailleurs 90 % des néo-Québécois. Craignant l’anglicisation, les francophones forment la Ligue pour l’intégration scolaire (LIS) et obtiennent, le 27 juin 1968, que la commission scolaire fasse du français la seule langue d’enseignement. Ouverture d’écoles anglaises clandestines par les uns, occupation d’une école française par les autres, manifestations et contre-manifestations – l’affaire prend une importance nationale et à l’automne, le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand dépose un projet de loi qui ne satisfait personne et sera retiré au printemps.

Le 28 mars 1969, 10 000 étudiants manifestent pour revendiquer la francisation de l’Université McGill. Le 7 juillet, la Chambre des communes vote la Loi sur les langues officielles. Le 3 septembre, la bagarre éclate à Saint-Léonard pendant une réunion de la LIS. Une semaine plus tard, bravant une interdiction de manifester, les deux communautés se font face dans la rue : la Loi de l’émeute est proclamée et 500 policiers interviennent. Le 23 octobre, le gouvernement dépose le « bill 63 », qui veut promouvoir la langue française tout en confirmant le libre choix des parents de la langue d’enseignement de leur enfant, ce qui ne fait qu’envenimer le débat. Les manifestations se succèdent et culminent le 31 octobre, quand une foule immense se presse devant l’Assemblée nationale. Le 20 novembre 1969, la Loi pour promouvoir l’enseignement de la langue française au Québec est votée à 67 voix contre 5 et 2 abstentions. Mais rien n’est réglé pour autant. Le 29 avril 1970, les libéraux de Robert Bourassa sont portés au pouvoir. Devant la persistance des débats sur la langue, le gouvernement fait voter, en 1974, le « bill 22 », Loi sur la langue officielle qui est abrogée trois ans plus tard par l’adoption de la Charte de la langue française (Loi 101).