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Les insolences du frère Untel

Après seize ans de pouvoir sans partage de l’Union nationale sous la direction de Maurice Duplessis, le Parti libéral prend le pouvoir au terme d’une campagne électorale marquée, pour la première fois, par l’utilisation de la télévision.
29 décembre 1960
Paul Gérin-Lajoie annonce une enquête sur le système d’éducation
Paul Gérin-Lajoie, alors ministre de la Jeunesse, annonce une enquête sur le système d’éducation.
Décès à Paris de Paul-Émile Borduas, artiste de renommée internationale et auteur du Refus global.
Malgré sa brève existence (1960-1967), le FIFM marque profondément le paysage cinématographique québécois.
Les insolences du frère Untel – ce petit livre de 150 pages est l’un des textes fondamentaux de la Révolution tranquille.
23 janvier 1960
Ouverture du Boulevard Métropolitain à Montréal
Ouverture à la circulation automobile du boulevard Métropolitain à Montréal.
14 avril 1960
Le Canadien de Montréal remporte la coupe Stanley
Le Canadien de Montréal remporte la finale de la coupe Stanley en défaisant les Maple Leafs de Toronto par le compte de 4 à 0. Il s’agit de la cinquième conquête consécutive de la coupe Stanley par le Canadien.
10 juin 1960
Pilule contraceptive
Le gouvernement fédéral autorise la commercialisation, au Canada, de la première pilule contraceptive, ce qui va contribuer à modifier considérablement le rôle et la place des femmes dans la société.
Le RIN est le mouvement souverainiste le plus important du début des années soixante…
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ) prennent la place de syndicats catholiques.
24 octobre 1960
Élection de Jean Drapeau
Jean Drapeau est élu maire de Montréal. Réélu sans discontinuer, il demeure en poste pendant 26 ans, jusqu'à sa retraite de la vie politique en 1986.
1er et 2 décembre 1960
Première conférence annuelle des premiers ministres provinciaux
Première conférence annuelle des premiers ministres provinciaux convoquée à l’initiative de Jean Lesage. L’objectif est de mettre sur pied un conseil permanent des provinces pouvant contribuer à l’établissement d’un dialogue fédéral-provincial afin d’éviter les frictions.

Comment se servir du fil du temps?

Le fil du temps présente les événements marquants de la Révolution tranquille en six catégories. Chaque année regroupe une série de bulles qui permettent d’ouvrir une fenêtre sur un fait, une anecdote ou encore un moment historique. Parfois, cette fenêtre donne accès à une page offrant davantage d'information. Bonne visite!

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Les insolences du frère Untel
6 septembre 1960

Les insolences du frère Untel – ce petit livre de 150 pages est non seulement l’un des premiers succès de librairie québécois, mais l’un des textes fondamentaux de la Révolution tranquille. Son retentissement a été considérable, son influence énorme, notamment sur la réforme de l’éducation.

Le 21 octobre 1959, André Laurendeau dénonce dans Le Devoir la pauvre qualité du français des écoliers canadiens-français, qui pratiquent ce qu’il appelle le « parler joual ». Quelques jours plus tard, il reçoit une lettre d’un jeune enseignant de Chicoutimi qui exprime son désarroi devant la pauvreté culturelle qui transparaît dans la langue commune. « Je trouve désespérant d’enseigner le français », écrit-il. Dans l’esprit de son auteur, le frère mariste Pierre-Jérôme (Jean-Paul Desbiens), c’était une lettre personnelle, mais Laurendeau lui propose de la publier sous le pseudonyme de frère Untel.

La lettre paraît le 3 novembre; onze autres suivront jusqu’en juin, dans lesquelles il prêche la liberté, la culture et l’excellence. Elles ont un grand retentissement, mais c’est une véritable bombe médiatique qui éclate le 6 septembre 1960 quand les Éditions de l’Homme les publient sous le titre Les insolences du frère Untel. On en écoule 100 000 exemplaires en quatre mois. Du jamais vu au Québec.

L’audace du frère enseignant (il avait publié sans permission) lui vaudra trois ans d’exil en Europe, mais il déclenche un très vaste débat qui se terminera par la réforme de l’éducation, dite la grande réforme. Paul Gérin-Lajoie dira plus tard que ce livre « enterrait le département de l'Instruction publique contrôlé par le clergé et remettait en cause tout le système scolaire de l'époque ».

Extrait

« Nos élèves parlent joual, écrivent joual et ne veulent pas parler ni écrire autrement. Le joual est leur langue.
[…] Nous vivons joual par pauvreté d’âme ; nous parlons joual par voie de conséquence. […] Cette absence de langue qu'est le joual est un cas de notre inexistence, à nous, les Canadiens français. On n'étudiera jamais assez le langage. Le langage est le lieu de toutes les significations. Notre inaptitude à nous affirmer, notre refus de l'avenir, notre obsession du passé, tout cela se reflète dans le joual, qui est vraiment notre langue. »