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L’assurance hospitalisation étant affaire réglée, l’État québécois allait s’intéresser à la question de la gratuité des autres soins de santé. En 1966, le gouvernement fédéral adopte la Loi sur les soins médicaux, dans laquelle il s’engage à assumer 50 % des coûts des régimes d’assurance-maladie provinciaux. Pour en évaluer l’applicabilité, le premier ministre Jean Lesage institue le Comité de recherches sur l’assurance-santé, dirigé par Claude Castonguay. Après les élections de juin 1966, le gouvernement unioniste transforme le comité en Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social, toujours présidée par Castonguay (Gérard Nepveu le remplacera en 1970), et lui donne le mandat d’étudier l'ensemble des secteurs de la santé et du bien-être. En cinq ans, la Commission reçoit des centaines de mémoires, effectue plusieurs voyages à l’étranger, publie un rapport en sept volumes et vingt-huit annexes. Elle recommande la mise en place d’un système de santé public, gratuit, accessible et universel de même que l'orientation de l'action vers les déterminants de la santé. La Commission fait sienne une nouvelle conception de la médecine, orientée vers la santé plutôt que vers la maladie. Cette « médecine globale » implique la possibilité pour l’individu de recevoir toute la gamme des soins et des services, tout au long de sa vie et peu importe l’endroit où il se trouve. En conséquence, l’organisation et l’administration des institutions et des professions de la santé et des services sociaux doivent être revues de fond en comble. À la suite des recommandations de la Commission, la Loi sur l’assurance maladie est votée par l’Assemblée nationale du Québec le 10 juillet 1970 et entre en vigueur le 1er novembre. Le 22 décembre, le ministère des Affaires sociales naît de la fusion du ministère de la Famille et du Bien-être et du ministère de la Santé. Un an plus tard, la Loi sur les services de santé et les services sociaux préside à la mise en place du système de santé et de services sociaux tel que nous le connaissons aujourd’hui. |